jeudi 22 septembre 2016

Est-ce du sexe tantrique ?



Je rebondis aujourd'hui sur un article de presse qui, au vu de son positionnement dans Google, doit quand même être pas mal consulté. Un article qui prétend parler de sexe tantrique, à l'instar de la littérature contemporaine qui cause de Tantra. Enfin, qui croit en causer.

Le voici : Du tantrisme à l'orgasme tantrique (si ça ce n'est pas du titre accrocheur, je ne m'y connais pas, hein!)

Comme d'habitude, le qualificatif de "tantrique" est très mal utilisé. Ce n'est plus une nouveauté. La faute à un certain courant new-age, le neo-tantra pour ne pas le citer, qui se permet même souvent de virer le "neo" pour s'auto-proclamer Tantra (et y croit dur comme fer...). Oui, l'homme moderne ne doute vraiment plus de rien, et certainement pas de son ignorance!

A la décharge de l'auteur de ce papier, on y reconnaît tout de même que le Tantra n'est pas une méthode pour grimper au rideau. Ouf, l'honneur est sauf. Mais, encore une fois, on confond sexe tantrique et une pratique plus dévotionnelle de la sexualité, dixit le slow-sex, qui bien que ces deux formes font bel et bien partie de la sexualité sacrée, sont très différentes l'une de l'autre. Tant dans la finalité que dans la "procédure".

Alors pour rappel, le Tantra, et plus exactement le Tantra Yoga, représente certes une voie spirituelle, mais uniquement en raison de l'enseignement sur lequel elle repose, c'est-à-dire celui que l'on trouve dans... les tantras. Une série de bouquins datant de Mathusalem qui regorgent d'écrits magiques et initiatiques. Quantité de pratiques qui n'ont qu'une seule et unique finalité : honorer, célébrer et manifester l'énergie universelle (shakti). Ce qui entraîne santé du corps, développement des capacités psychiques, éveil des sens, de la conscience... En gros, le "mens sana in corpore sano" ultime et parfait.

Donc, par extension, l'adjectif "tantrique", revêt, DE FAIT, la même signification : une pratique est tantrique dès lors qu'elle s'appuie sur l'enseignement ésotérique contenu dans les tantras, où le travail sur l'énergie sexuelle est effectivement omniprésent. Ceci étant, cela ne signifie pas que l'on passe son temps à se tripoter soi-même ou les autres, ni à s'envoyer en l'air à tout bout de champ, ni même que l'on ne pense plus qu'à satisfaire/équilibrer sa sexualité physique (oui, je sais, c'est d'un décevant!). Parce que le BA ba de l'enseignement tantrique, c'est avant toute chose l'acquisition de la maîtrise de son psychisme (ce qui ne passe pas par la satisfaction des envies libidineuses et assimilés, au risque de me répéter). Vu que sans lui, rien n'est possible. Sexualité sacrée ou pas, d'ailleurs. Surtout.

Pour être encore plus explicite, le sexe tantrique est une manière de pratiquer la sexualité afin de se mettre dans des états de conscience supérieurs. Et si, dans le sexe tantrique, on accueille le plaisir charnel, c'est en raison de l'incroyable puissance de l'éros (dans son acceptation érotique), permettant d'accéder aux dits états de conscience, plus vite et plus fort. Oui, MAIS, parce qu'il y a évidemment un mais: tout cela devient possible seulement et uniquement lorsque l'on a déjà atteint un minimum de maîtrise de son psychisme. C'est-à-dire lorsque l'on n'est plus baladé par nos sentiments, émotions et pulsions, comme un fétu de paille l'est par le vent.

Bref, si notre pratique sexuelle est dénuée d'une réelle et conséquente maîtrise de son psychisme, ce n'est pas du sexe tantrique. Point barre.

Oui mais bon, me direz-vous, ce qu'on fait là, ce dont cause cet article (au demeurant un très bon article, faut juste virer la notion tantrique), ce que prône la littérature néo-tantrique (et qui est très très bien, c'est juste pareil, faut virer la notion tantrique), ce n'est quand même pas du sexe trivial et grossier? Que nenni. Et c'est bien de la sexualité sacrée? Absolument ! Alors, c'est quoi? Hé bien c'est ce que j'appellerais du sexe dévotionnel, qui est celui que propose le Kama Sutra. En gros, être présent et à l'écoute à la fois de l'autre et de soi-même.

Le sexe dévotionnel est abordable par tout un chacun, et c'est d'ailleurs l'objet du neo-tantra (et oui, ce dernier ne transmet pas l'enseignement des tantras, mais celui du Kama Sutra, quoiqu'on vous prétende...). Par le sexe dévotionnel, on apprend à redonner sa dimension sacrée à notre sexualité, ce qui ne peut, bien entendu, qu'avoir des répercussions très bénéfiques sur la santé du corps et de l'esprit. En fait, le sexe dévotionnel est en quelque sorte le pré-requis du sexe tantrique, pour autant que l'on développe en parallèle sa maîtrise psychique, évidemment.

Vous aimeriez en découvrir un peu plus sur ce qu'est la sexe tantrique?  Dans ce cas, plutôt que vous rabbatre sur les articles de presse, je vous invite à lire cet excellent papier de Mr Jean Varenne, éminent spécialiste de l'Inde et de ses mystères, La sexualité : la tantrisme ou l'éveil.

Texte sous copyright - tous droits réservés - 2016 - Kama Tantra Yoga


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