dimanche 2 avril 2017

Je vous demande pardon, partie III : pourquoi pas du bénévolat?




La valeur. "Ca y est, la revoilà avec ça...". Oui, c'est vrai, j'en parle déjà ici et . C'est dire si à quel point cette question est ignorée, consciemment ou non...

Je vous ai ainsi précédemment expliqué à quel point la gratuité d'une chose convoitée ne vous permettra pas de réellement profiter de celle-ci, car ce qui est acquit sans mérite (effort) perd sa saveur, ce qui est obtenu sans sacrifice perd son sens et ne s'imprime pas plus que ça en vous. Je l'ai moi-même expérimenté, que ce soit sur ma propre personne (en tant qu'élève, donc), ou sur autrui lorsque je faisais tout bénévolement. Et dans les deux cas, on n'avance pas mais on stagne dans une sourde insatisfaction, voire carrément dans la médiocrité. Car le seul moyen de sortir de ce cercle aussi vicieux que paralysant, c'est de faire des efforts. CQFD.

Et ne revenons pas davantage sur la fâcheuse tendance que nous avons à mettre la priorité sur notre confort et nos petits plaisirs plutôt que sur notre développement personnel. Oui, on peut se faire plaisir, mais assumons alors dignement nos choix, même s'ils s'avèrent peu satisfaisants, plutôt que de venir se plaindre à cet autre qui aura eu l'affront de penser ou agir différemment de nous. Et surtout, abstenons-nous d'exiger de lui qu'il réponde à tous nos desiderata, avec ou sans chantage moral, pour l’obscure raison qui nous aura fait croire qu'un tel comportement est légitime. Et en passant, s'offrir un kyrielle de stages & co en tout genre qui viendront plus gonfler notre ego que nous apprendre à vraiment se prendre en main, cela entre dans la catégorie "confort et petits plaisirs", et non pas "développement personnel"...

Un autre point crucial sur lequel je n'ai visiblement pas suffisamment insisté tellement il me semble évident : outre le fait que le bénévolat est la pire manière d'enseigner (pour les raisons précitées) dans une société de consommation telle que le nôtre (je ne parle pas ici du bénévolat humanitaire qui n'a absolument rien à voir et est tout à fait salutaire), espérer pouvoir gagner sa croûte de la sorte est complètement absurde dans un monde ou le quidam cherche continuellement à ne surtout pas devoir mettre la main à la poche! Ne comptez pas sur la générosité spontanée d'autrui pour survivre, celui qui se voue corps et âme à sa vocation n'aura d'autre choix que d'être soit milliardaire, soit SDF...

Bon, pour la peine je vous offre une tranche de mon modeste parcours, qui aura au moins le mérite de clarifier au mieux les choses. Parce que je l'entend souvent, celle-ci : "tu n'as qu'à enseigner gratuitement et travailler comme tout le monde le reste du temps". Sachez donc, cher lecteur, qu'un "vrai travail" ne peut pas être une activité que vous aimez (que vous vous y sacrifiez et avez du bosser dur n'entre pas en ligne de compte), et non! Décidément, la prétention de l'avare ne connait pas de limite...

Voici donc ma petite histoire :

Durant plus de dix ans, j'ai été une bonne petite employée, entrant parfaitement dans le moule de la société, gagnant laborieusement ma pitance en tant que secrétaire, dans des domaines variés au fil des années : administration, audio-visuel, environnement, juridique, médical... A côté de quoi, j'enseignais (bénévolement, donc, et oui, cela concernait aussi le massage) durant mon temps libre, autrement dit finalement assez peu une fois retirées les heures que l'on se doit de consacrer aux tâches sociales, familiales et ménagères.

Cet état de choses a fini par ruiner mon moral et ma santé : je me tuais à petit feu en consacrant la plus grande partie de mon temps dans un "job" purement alimentaire, alors que tout ce qui comptais pour moi était d'enseigner (ce qui présuppose également étudier, s'entraîner et pratiquer, que ce soit le Tantra Yoga ou autre). Et vu le peu de temps libre que j'avais, j'étais loin de pouvoir donner tout ce que je souhaitais et étais capable de donner.

J'ai longtemps eu peur de lancer mon activité indépendante, parce que sans capital ni même économies (ben oui, le bénévolat, ça coûte, ça ne paye pas...), sans personne pour me seconder, sans notoriété suffisamment conséquente pour pouvoir espérer s'en sortir. Car oui, l'idée était bien évidemment de me consacrer à 100% à l'enseignement, sinon quel intérêt? Mais la nature était bien faite, voyant que mon psychisme refusait de passer le cap, c'est mon corps qui a pris le relais : il a tout bonnement lâché, avec la menace d'une paraplégie! Oui, rien que ça...

C'est donc avec une grosse dose de courage, d'audace et de stress que je me suis enfin lancée à l'eau. Et ça va faire maintenant trois ans que j'arrive, cahin-caha, à garder la tête tout juste hors de l'eau dans un pays aussi demandant financièrement que la Suisse. Ceci-étant, sans regret, je l'aime tellement, la terre helvète!

Alors, je vous pose la question : comment puis-je espérer vivre de mon activité si je réponds à ces incessantes demandes d'un enseignement gratuit? Et oui, juste "papoter", ça en fait partie. D'ailleurs, je dispose de tellement peu de temps libre que j'ai rarement l'occasion de papoter avec ceux qui se trouvent être mes réels intimes...

Entre parenthèses, pour faire taire les mauvaises langues, ce n'est pas parce que je passe mon temps à masser que je n'en ai pas de libre, mais parce que je le passe à me casser la tête pour vous donner (et avoir les moyens de vous donner) de l'enseignement de qualité, que ce soit sur internet, en version papier (bientôt, bientôt...) ou de visu. J'aimerais bien, moi, enchaîner les massages quotidiennement, mais vu que je ne fais pas dans l'érotique et que c'est ce que 99% de la clientèle masculine demande (et que cette dernière est bien plus conséquente que son pendant féminin), je suis à des années lumière de gagner les sommes folles que certains s'imaginent. Sur base des tarifs affichés sur le site, c'est mignon...

Enfin, pour conclure, et pour remettre les pendules à l'heure sur les questions de valeur, de priorité et de respect de soi comme de l'autre (et de son travail) : lorsque je souhaite ardemment quelque chose et que je n'ai pas les moyens financiers pour me l'offrir, vous savez ce que je fais? J'économise. Par contre, il ne me viendrait jamais à l'idée de solliciter une quelconque faveur. Qui suis-je pour exiger une telle chose, d'autant plus s'il s'agit du gagne-pain de la personne en face de moi??

C'est vrai que, comme les artistes et artisans, je vis de ce que j'aime. Mais sachez, chers clients, que cela signifie que nous sommes constamment en danger social, et que c'est votre argent qui nous permet de payer loyer, factures et nourriture. Et accessoirement de continuer à créer, fabriquer, enseigner, soigner... La plupart d'entre-nous ne peut pas s'offrir sorties resto ou ciné, virées shopping et autres petits plaisirs du genre, voire même se permettre des dépenses bien plus élémentaires. Malgré cela, certains encore trop nombreux estiment que, parce que l'on vit de ce que l'on aime, hé bien il faudrait que l'on donne sans compter et surtout sans rien demander. Trouver l'erreur...

Bref je vous demande pardon de ne pas pouvoir satisfaire vos envies sentimentales, émotionnelles et pulsionnelles. Car je persiste et je signe, ce qui m'importe plus que tout est votre épanouissement, quitte à ce que votre psychisme se rebelle tel un enfant à qui l'on refuse une friandise qui lui fera plus de mal que de bien.

Viva la Conscience, la Connaissance et la Liberté de Jouir de la Vie!

Texte sous copyright - tous droits réservés - 2017 - Kama Tantra Yoga


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